L’hyperacousie : quand on souffre de « trop entendre »

L’hyperacousie est un trouble auditif qui provoque une sensation d’intolérance aux sons ou aux bruits d’un volume pourtant jugé  tolérable par l’entourage : on a l’impression qu’on « entend trop » les sons quotidiens (eau qui coule, sonneries, aboiements). On estime que 3 à 15% des gens ont déjà ressenti au moins une fois un phénomène d’hyperacousie. Mais à quoi est-elle due ? Et comment s’en prémunir ?

Quels sont les principaux symptômes de l’hyperacousie ?

L’hyperacousie est une pathologie caractérisée par un dysfonctionnement de l’audition qui occasionne une hypersensibilité de l’ouïe. Une personne souffrant d’hyperacousie perçoit un son comme étant plus fort qu’en réalité. Cette affection serait due à un dérèglement du schéma auditif neuronal suite à une lésion des cellules cillées de l’oreille interne.

Le plus fréquemment, les personnes souffrant d’hyperacousie peuvent ressentir des douleurs aux oreilles et une intensification d’acouphènes préexistants. 

Certaines peuvent éprouver des sentiments de vertige, des nausées ou une perte d’équilibre.  Ces souffrances sont proportionnelles à l’intensité du bruit et à la durée d’exposition, mais les fréquences acoustiques concernées et le seuil de tolérance varient d’une personne à l’autre.

De manière générale, l’hyperacousie est génératrice de stress et d’anxiété. Cette hypersensibilité aux bruits peut provoquer une peur de certaines situations sonores.

Les acouphènes, ces bruits parasites qui nous pourrissent la vie

Les brutalités sonores, principales causes de l’hyperacousie.

L’hyperacousie survient fréquemment après un traumatisme sonore comme une explosion ou une exposition à une musique diffusée à un volume excessif (boîte de nuit, concert…)

Elle est aussi souvent la conséquence d’expositions prolongées et répétées à des bruits de forte intensité (musique, travaux…). En toute logique, l’hyperacousie est donc un symptôme fréquent chez les professionnels des secteurs concernés comme les musiciens, les travailleurs du BTP et de l’industrie. Cette pathologie atteint fréquemment les personnes souffrant d’acouphènes : elles seraient 40% à souffrir également d’hyperacousie. 

Tout comme les acouphènes, l’hyperacousie est une réaction anormale d’un système auditif brutalisé. Lorsqu’elle survient, il est impossible de savoir s’il s’agit d’un phénomène temporaire ou d’une atteinte durable. 

Comment éviter les agressions sonores et protéger son audition ?

Hyperacousie :  la mesurer pour mieux la traiter

Votre audioprothésiste peut évaluer l’intensité de votre  hyperacousie grâce à la mesure audiométrique du seuil d’inconfort : situé aux alentours de 90 -100 dB pour la plupart des gens, certaines personnes atteintes d’hyperacousie réagissent défavorablement dès 60 dB.

L’hyperacousie peut être atténuée à l’aide d’un appareil auditif équipé d’un générateur de bruit blanc, mais aussi par la rééducation progressive aux bruits et sons habituels, une technique appelée thérapie TRT qui a également prouvé son efficacité dans la lutte contre les acouphènes.  Le principe : stimuler les neurones de façon progressive afin créer une réorganisation corticale.

Hyperacousie : comment l’éviter ?

Afin de se protéger des sons forts, la meilleure prévention reste le port de protections auditives sur mesure (bouchons), sans pour autant s’isoler de tout bruit. Les protections auditives laissant passer les sons utiles sont efficaces lors de toute activité dans un environnement bruyant : concerts, travaux publics ou domestiques bruyants, etc. Après toute exposition sonore, il est de plus conseillé de laisser le système auditif au calme pour qu’il récupère.