Les acouphènes, l’hyperacousie et leurs solutions

Qu’ils s’accompagnent ou non d’une perte d’audition, les acouphènes et l’hyperacousie sont des troubles de l’audition qui peuvent rendre la vie extrêmement pénible, jusqu’à engendrer des états dépressifs. Des solutions existent, qui visent à inverser le cercle vicieux dans lequel sont enfermés ceux qui en souffrent.

Les acouphènes

Un acouphène est une gêne auditive qui se manifeste par la perception de sons non provoqués par des vibrations sonores extérieures. Ces « bruits fantômes » peuvent prendre la forme de bourdonnements, de sifflements, voire de tintements plus ou moins perturbants. Ils touchent de 5 à 15% des Français. L’apparition d’acouphènes peut être un symptôme précurseur : 90% des acouphènes s’accompagnent d’une perte d’audition.

Leurs origines sont très diverses : pathologies variées, intolérance médicamenteuse, hypertension artérielle, mais surtout traumatisme sonore : en France, on estime que 65% des cas d’acouphènes en sont la conséquence (discothèque, concert, écoute au casque, bruit professionnel…)

L’hyperacousie

L’hyperacousie est une intolérance à des bruits perçus normalement comme acceptables. Dans l’hyperacousie, le seuil de douleur est abaissé : au lieu d’avoir 100 dB d’écart entre la zone de confort et la zone de douleur, cette dynamique diminue et la personne atteint beaucoup plus vite la zone d’inconfort .
L’hyperacousie est souvent liée à une perte auditive mais ce n’est pas toujours le cas. Elle s’accompagne également souvent de phénomènes musculaires. On ressent des douleurs au niveau de l’oreille qui sont liées à la réponse au stress : contraction des muscles périphériques de l’oreille qui tirent sur le tympan, contraction des muscles des osselets ce qui provoque la douleur.

Les solutions

Il n’existe pas de traitement curatif des acouphènes ou de l’hyperacousie. Diverses techniques permettent cependant d’apprendre à les contrôler et petit à petit les tolérer.

Avoir des acouphènes ou une hyperacousie peut rendre la vie insupportable : incidences sur le sommeil, le caractère, l’angoisse… qui risquent d’aggraver le phénomène qui à son tour va augmenter les réactions émotionnelles. C’est un cercle vicieux dont il faut essayer d’éviter l’installation.

Le role de l’audioprothésiste est dans un premier temps de prendre en charge la perte d’audition car dans une grande majorité des cas, le simple fait de rajouter de la correction auditive sur l’acouphène permet d’en diminuer l’intensité objective voire de la supprimer et ceci grâce au port des aides auditives .

Dans un deuxième temps et si la correction auditive ne suffit pas , l’audioprothesiste va mettre en place une thérapie d’habituation, qui transforme un cercle vicieux en cercle vertueux en combinant une thérapie sonore et une intervention dans le domaine émotionnel : il faut d’abord démystifier le problème, expliquer que les acouphènes diminuent quand on met en jeu les mécanismes de filtrage par le cerveau, diminuer les idées négatives.

Le principe de la thérapie sonore consiste à diminuer la perception de l’acouphène en émettant un bruit blanc large bande qui se mélangera au son étroit de l’acouphène afin de diminuer le contraste entre l’acouphène et l’environnement et faciliter le filtrage attentionnel.

Dans le cas de l’hyperacousie, on va rééduquer le système auditif dans son échelle des valeurs d’intensité sonore et éviter le silence en amplifiant un fond sonore avec des bruits de faible intensité pour remonter le seuil d’inconfort sonore.

Quand les acouphènes ou l’hyperacousie s’accompagnent d’une perte auditive, l’appareil auditif est le meilleur moyen de diminuer les acouphènes, avec ou sans générateur de bruit.